Lin DELPIERRE, photographe

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Accélération et décélération (Michèle COHEN HADRIA)

 

Sans céder non plus au simplisme d'un hypothétique voyeurisme masculin, il atteste cependant d'un regard masculin profondément psychologique qu'il pose sur des femmes de tous âges flânant ou se pressant dans les rues, chez lesquelles il décèle les ressorts psychiques parfois les plus intimes et évanescents, et toujours identificatoires dans la mesure où l'être de nos sociétés post-industrielles y apparaît telle une ombre fugitive - parfois sublimée en sa mélancolie, que broie, peu ou prou, la machine infernale de nos grands centres urbains. D'où, ces captations essentiellement documentaires toutefois intimes que Lin Delpierre rehausse d'un fini particulièrement précieux (au sens de sa rareté). A mi chemin entre documentaire et arts plastiques donc, et sans pâtir des limites spécifiques de chaque approche en soi, l'artiste s'attelle à des problématiques sociales et privées, pour y prelever le mètre étalon d'humeurs humaines et, tout en le frôlant, se dérobe au genre du reportage.

Si une permanente « beauté » parcourt son oeuvre, celle-ci ne passe pas nécessairement par certains canons établis. Au contraire, l'artiste ferait un même sort autant à la beauté physique qu'à une fugitive disgrâce, privilégiant en chaque femme une aura saturnienne et cette opacité prometteuse de leur soliloque.